L’ex-présidente du Rassemblement national et actuelle cheffe de file des députés frontistes à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, a été condamnée ce lundi 31 mars par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison dont deux ferme et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate dans l’affaire dite des assistants parlementaires du RN. La justice a reconnu coupable de détournements de fonds publics 24 élus et cadres du parti d’extrême droite qui ont utilisé entre 2004 et 2016 les enveloppes allouées par le Parlement européen pour financer des salariés du parti. Avec cette condamnation, les candidatures de Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle et aux futures législatives semblent compromises, même en cas d’appel.
L’ancienne présidente du Rassemblement national (RN) de 2011 à 2022, reconnue coupable de détournement de fonds publics européens dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu RN), a été condamnée ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de quatre ans de prison dont deux ferme aménageable sous bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité.
Cette peine d’inéligibilité, prononcée avec « exécution provisoire« , s’applique immédiatement, y compris en cas d’appel de Marine Le Pen. Avec cette condamnation, les ambitions de la cheffe de file des députés d’extrême droite pour la présidentielle de 2027 sont fortement compromises.
Huit autres élus ou ex-élus du RN au Parlement européen, douze assistants parlementaires et quatre collaborateurs du parti ont également été condamnés ce lundi. Parmi eux figurent notamment le maire de Perpignan Louis Aliot, l’ex-numéro 2 du parti Bruno Gollnisch, l’ex-trésorier du FN Wallerand de Saint-Just, le député et porte-parole du RN Julien Odoul ou encore le vice-président exécutif de Reconquête Nicolas Bay.
Les eurodéputé(e)s ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics, et les douze assistants coupables de recel.
Marine Le Pen a aussi été condamnée à une amende de 100 000 euros. Son parti, poursuivi en tant que personne morale et également reconnu coupable, a été condamné à une peine de deux millions d’euros, dont un million ferme, et une confiscation d’un million d’euros saisis pendant l’instruction.
La justice leur reproche d’avoir mis en place un système « centralisé » et « optimisé » pour permettre au Rassemblement national (ex-Front national) de faire « des économies » en payant avec les enveloppes allouées par le Parlement européen des assistants parlementaires « fictifs » qui travaillaient en réalité pour le parti. L’objectif, selon l’accusation, était de réaliser des économies substantielles de salaires pour le FN, alors très endetté. Cette affaire de détournements de fonds européens avait été révélée en 2013 par notre partenaire Mediapart (lire ici et là).
Ce détournement de fonds s’est déroulé entre 2004 et 2016. Le Parlement européen, qui s’est constitué partie civile, a évalué son préjudice à 6,8 millions d’euros pour les années 2009 à 2017.
Lors du procès, qui s’est déroulé sur plusieurs mois, la justice a établi que ces assistants parlementaires travaillaient en réalité pour le parti d’extrême droite et que leurs députés ne leur avaient confié aucune tâche, ce qui équivaut à un « contournement des règles des partis politiques et du fonctionnement démocratique« .
Plus que la peine de prison prononcée contre Marine Le Pen, aménageable sous bracelet électronique, ce sont les conséquences politiques de cette condamnation qui sont importantes, l’ex-présidente du Rassemblement national figurant parmi les favoris de la prochaine élection présidentielle prévue en 2027. En 2022, à l’occasion de sa 3e candidature, Marine Le Pen avait échoué au second tour face à Emmanuel Macron avec 41,45% des voix contre 58,55%, recueillant plus de 13 millions de votes. En Guyane, la candidate d’extrême droite était arrivée en tête du second tour, avec 60,78% des suffrages.
Photo de Une : condamnée par la justice ce lundi pour détournement de fonds publics européens, Marine Le Pen sera inéligible pour les cinq prochaines années, même en cas d’appel de sa condamnation, compromettant ainsi sa participation à la présidentielle de 2027 © Compte X Marine Le Pen
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