Jeudi 03 Avril

Tranches de vies à la Réno

Tranches de vies à la Réno

Porté par le photographe Ronan Liétar, un projet d’exposition éphémère sur le bâtiment Y du quartier de la Rénovation urbaine est “un hommage au quartier et à ses habitants.” Le photographe expose des portraits pixelisés à base de latérite.

Projet #laRéno

Pour le moment ce sont 12 portraits dévoilés sur l’imposante façade du bâtiment Y construit dans les années 60 dans le quartier de la Rénovation urbaine, en voie de démolition dans le cadre du Projet de développement et de rénovation urbaine (PDRU) mené depuis 2008 par la ville de Cayenne. La première phase des travaux de Ronan Liétar s’est achevée vendredi dernier et la seconde phase sera complétée par 8 portraits.

De la peinture à base de latérite récupérée sur la route d’Apatou

“Ce qui m’a attiré au départ est cette dernière barre HLM qui va bientôt être détruite et murée à 90%. Il y a un contraste assez rude de voir des gens qui habitent au milieu de tous ces parpaings. Cela m’a marqué visuellement et j’ai voulu mettre un peu d’humanité sur cette façade pleine de parpaings” narre Ronan Liétar, photographe professionnel.

“L’idée a été de faire des portraits des habitants – comme Tati Léodate qui est là depuis 50 ans – et de réinscrire ces visages au niveau des portes-fenêtres murées avec des parpaings” précise Ronan Liétar, à l’origine d’une exposition de photos sur les pixels.

“Je travaille déjà sur les pixels et les parpaings me rappellent des pixels. La question était comment mettre les portraits sur la façade en utilisant des matériaux économiques, d’où la peinture en latérite jaune et rouge pour les contrastes. Et le quartier, avant d’être la Rénovation urbaine, se nommait La Terre Rouge” commente Ronan Liétar.

Le principe du pixel

“Le principe est de pixeliser comme pour une photo mais au lieu d’augmenter la résolution des pixels, je l’ai abaissée afin de ne voir que des pixels. Si on s’éloigne, on ne perçoit plus les pixels et on voit le visage et quand on se rapproche, on voit le carré de couleur jaune ou rouge” a expliqué Ronan Lietar à Guyaweb.

“J’ai très peu dormi, c’était un travail dense pour réaliser les 12 portraits… j’ai passé beaucoup d’heures en haut de l’échafaudage”  nous a raconté Ronan Liétar, tout sourire même après cinq jours de travaux intensifs.

“L’aboutissement du projet est une fusion de ce que j’ai réalisé à travers mes travaux dans la photo : sur les pixels, sur les portraits et sur la terre” explique Ronan Liétar qui espère « rebondir ailleurs avec cette idée-là », notamment au « Sénégal où il existe des champs de parpaings.”

Portrait en cours à la Réno par Ronan Liétar

Ce projet est porté par l’Alliance Française, autorisé par la Mairie de Cayenne et la Siguy propriétaire des lieux et financé par le ministère de la Culture. Sans oublier “les gens du quartier sans qui ce projet n’existerait pas. Hommages aux habitants !” salue Ronan Liétar.

« Ça fait 17 ans que j’habite la Réno, un quartier calme, et je suis fière de voir ces portraits dont celui de mon fils Ryan » se réjouit Kinté, drône en main pour immortaliser la façade relookée.

En phase de finalisation, ce projet de pixels se poursuivra dans les jours à venir. “Il reste 8 portraits à peindre sur le troisième étage mais la difficulté est d’avoir une nacelle et pour l’utiliser il faut un permis. A moins que je trouve un généreux sponsor !” L’appel est lancé pour l’achèvement du projet artistique à la Rénovation urbaine.

Le projet #laRéno vu du ciel – Images ©Kinté, habitant de la Réno

Vous êtes abonné(e) Identifiez-vous

Mot de passe oublié ?

Pas encore abonné(e) ? Abonnez-vous


Lisez la suite pour 1€

Je m'abonne

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour ajouter un commentaire.

Articles associés :

Chantier au ralenti du nouveau pont du Larivot : reprise des forages et pose des pieux et des piles dans « les prochaines semaines »

Débuté en 2022, le chantier à près de 200 millions d'euros de doublement du pont du Larivot qui devait être terminé en 2024, peine à avancer à cause de nombreuses difficultés géotechniques ...

L’arrêt du 1er avril n’est pas un poisson : il casse la décision de la Cour d’appel de Cayenne qui n’a pas informé Carole et Nicolas Ostorero qu’ils avaient le droit de se taire !

La Cour de cassation a rendu sa décision le 1er avril dans l'affaire Gold Or. Elle casse la décision de la Cour d'appel de Cayenne tout simplement par le premier moyen soulevé : « Il ne ...

Pénurie de produits frais : la crise de la logistique révélatrice d’une extrême dépendance au fret maritime

Des étalages vides, une pénurie de produits frais. Depuis quelques jours, les retards de livraison sur la ligne maritime transatlantique alimentant en denrées la Guyane se font sentir jusque dans ...

Monseigneur Ransay, évêque de Guyane, n’animera pas la conférence sur la spiritualité à la CCIG le 14 avril

L'évêque l'a « signalé » à ses ouailles. Il ne fera pas partie des intervenants à la conférence sur la spiritualité le 14 avril à la CCIG, la Chambre de commerce et d'industrie de la ...

« L’audience se déroule, il y a eu disjonction »

Nous avons joint Me Eric Bichara, lors d'une suspension de séance au tribunal de Fort de France, sur son portable à 17h30 heure de Martinique (18h30 en Guyane) qui nous a indiqué que « l'audience ...

Les avocats tentent l’épreuve de force en séchant le procès de l’orpaillage à Fort de France, « c’est une action contre la JIRS on veut que ce procès se tienne à Cayenne » nous dit l’un d’eux

« 14 à 15 prévenus» qui ne seront peut-être pas là, des avocats qui ne se déplacent pas tels Me Louze-Donzenac, Me Emile Tshefu, Me José Lobeau, Me Mustapha Khiter etc. Me Bichara lui y va,...

Toutes les petites annonces ( 0 ) :

© 2025 Comimpex / Guyaweb . Tous droits réservés

Site Internet hébergé par Côté Cube