Tout comme son vol inaugural reporté à plusieurs reprises, le premier lancement commercial du lanceur lourd européen Ariane 6, qui doit transporter le satellite d’observation militaire français CS0-3 pour le compte de l’Armée française, connaît des couacs à répétition. Initialement prévu en décembre 2024, le premier vol commercial d’Ariane 6 avait été reporté au 26 février en raison d’ « un problème sur le segment sol». Après un nouveau report au 3 mars, Ariane 6 est finalement restée clouée au sol suite à « des opérations additionnelles nécessaires sur un équipement sol en interface avec le lanceur » a indiqué Arianespace. Un dysfonctionnement sur une vanne à hydrogène liquide a conduit au report du lancement. Une énième tentative aura lieu demain jeudi 6 mars à 13h24 heure guyanaise.
Cumulant quatre années de retard sur le programme initial en raison notamment de la pandémie de Covid-19 et de difficultés dans les essais de la fusée, le vol inaugural du lanceur européen Ariane 6, initialement prévu pour la fin 2023, puis reporté en 2024, avait finalement été effectué avec un succès en demi teinte le 9 juillet 2024, car la seconde partie de ce vol ne s’était pas déroulée comme prévu : le réallumage du moteur Vinci de l’étage supérieur lui permettant d’atteindre plusieurs orbites par mission n’avait pas été concluant.
En effet, lors de la phase finale du vol inaugural d’Ariane 6, l’Unité auxiliaire de propulsion (APU) de l’étage supérieur avait été stoppée en fin de parcours, ne permettant pas au lanceur d’être désorbité ni de retourner sur Terre avec plusieurs capsules comme la mission le prévoyait (Guyaweb du 01/08/2024).
Initialement prévu à la fin de l’année 2024, le second vol d’Ariane 6, soit son premier vol commercial, avait été annoncé «au premier trimestre 2025 » par Arianespace et ArianeGroup dans un communiqué du 8 novembre 2024, sans explication sur les raisons de ce retard mais en indiquant que « plusieurs étapes mènent à ce deuxième lancement » notamment « la correction du logiciel de vol nécessaire pour le réallumage de l’APU et la désorbitation de l’étage supérieur».
L’Europe joue gros avec son premier vol commercial d’Ariane 6. Dans un contexte géopolitique de rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie, l’Europe fragilisée, en quête de souveraineté spatiale suite à la crise des lanceurs Vega-C immobilisé pendant deux ans et Soyouz depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, sans compter la fin d’exploitation d’Ariane 5 en juillet 2023 et face à la concurrence de l’Américain Space X*, n’a pas le droit d’échouer.
La fiabilité d’Ariane 6, déjà mise à rude épreuve, doit être l’image de marque des lanceurs européens. Malgré toutes ces turbulences spatiales, cinq vols – s’ils vont jusqu’au bout – sont prévus cette année pour Ariane 6, gérée et financée par l’Agence spatiale européenne (ESA), développée et produite par ArianeGroup, et commercialisée par Arianespace.
*Lundi 3 mars, SpaceX a aussi annulé à la dernière minute le lancement du huitième vol test de sa mégafusée Starship, après qu’un problème a été identifié sur le vaisseau. SpaceX a annoncé que Starship doit décoller ce mercredi 5 mars depuis Boca Chica au Texas, dans une fenêtre de lancement qui s’ouvrira à 17h30 heure locale (20h30 heure guyanaise).
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